L’aide aux personnes : un secteur sous pression
Le secteur de l’aide aux personnes traverse une période extrêmement difficile. Crise énergétique, pénurie de personnel, insécurité des financements et incohérences entre politiques publiques : les signaux d’alerte sont nombreux. Pourtant, il s’agit de métiers essentiels, au cœur de notre modèle social et de la dignité humaine. Ces dernières semaines, j’ai interpellé à plusieurs reprises le Ministre Coppieters afin de mettre en lumière trois problématiques majeures qui fragilisent directement l’aide aux personnes.
⚡️ Crise énergétique : quand travailler devient un luxe
Les aides familiales, aides ménagères, infirmières, kinés, travailleurs sociaux, … se déplacent chaque jour pour assurer des soins et un accompagnement indispensables. Leur mission ne peut ni être reportée, ni être mise sur pause.
Or, la flambée des prix de l’énergie frappe de plein fouet ces professionnels. Avec un litre de diesel dépassant les 2€, les frais de déplacement explosent et fragilisent les services. Sur le terrain, certains commencent déjà à devoir adapter leurs tournées, voire à reporter des interventions.
Comme je l’ai rappelé en commission, « On ne peut pas laisser le secteur de l’aide à domicile en plan. Il faudra continuer de soigner les gens, on ne peut pas les mettre en pause ». Cette situation n’est pas seulement une difficulté budgétaire : elle met directement en danger la continuité des soins et de l’accompagnement des personnes les plus vulnérables.
Observer, attendre ou renvoyer systématiquement les réponses à plus tard n’est pas une option. Pour moi, c’est aujourd’hui et maintenant qu’il faut prendre des décisions comme cela avait été fait en 2022 par Christie Morreale face à la crise énergétique due à la guerre en Ukraine.
🤝 Formation des aides familiales : l’absurdité d’un système qui empêche de se former
Le secteur de l’aide à domicile fait face à une pénurie structurelle de personnel. Pour y répondre, des formations qualifiantes intensives de 10 mois ont été mises en place pour former des aides familiales, avec un résultat très positif sur le terrain, notamment à Seraing.
Et pourtant, depuis la réforme des allocations de chômage, certaines apprenantes sont aujourd’hui contraintes d’abandonner leur formation en cours de parcours, faute de moyens de subsistance. Des personnes qui ont parfois accompli les trois quarts de leur formation se voient obligées de tout arrêter à quelques semaines de l’obtention d’un diplôme qui mène directement à un emploi.
En commission, j’ai dénoncé cette situation sans détour : « On vit ici dans une absurdité totale du système : on manque de personnel et l’on empêche les gens de se former, ce qui est un comble. »
Changer les règles du jeu en plein milieu de la partie est profondément injuste. Ces femmes et ces hommes se sont engagés dans une formation avec la certitude de pouvoir aller jusqu’au bout. Aujourd’hui, on les met face à un choix impossible : se former ou survivre financièrement.
Emplois APE et non-marchand : une insécurité de + en + forte
Le 8 avril, plus de 200 travailleuses et travailleurs du secteur non marchand se sont mobilisés devant le cabinet du Ministre. Leur message était clair : l’angoisse grandit face aux réformes annoncées et à la crainte d’une marchandisation des services essentiels, notamment dans la santé et l’aide aux personnes.
Au cœur des préoccupations : l’avenir des emplois APE dans ces secteurs fondamentaux. Derrière ces emplois, il y a des services rendus à la population, bien souvent aux personnes les plus fragiles. Comme je l’ai exprimé en commission, il existe un décalage inquiétant entre les discours et la réalité : « Il y a des déclarations, des engagements, des réponses à nos questions parlementaires… puis il y a les actes que vous posez ou précisément que vous ne posez pas encore. »
Le secteur demande des garanties claires, structurelles et durables. Les travailleurs ne demandent pas des promesses vagues, mais une réelle sécurisation de leurs emplois et des missions qu’ils assurent chaque jour.
Un choix de société, une question de solidarité
L’aide aux personnes n’est ni un luxe ni une variable d’ajustement budgétaire. Si nous laissons ce secteur s’essouffler, ce sont les bénéficiaires qui en paieront le prix : personnes âgées, personnes en situation de handicap, malades, familles précarisées.
Et à terme, c’est l’ensemble de la société qui en subira les conséquences. J’y serai attentive et je continuerai à interpeller, à dénoncer les incohérences et à porter la voix de celles et ceux qui prennent soin des autres, chaque jour, souvent dans l’ombre.
Sabine Roberty
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