Un Plan wallon pour la prise en charge de la maladie d’Alzheimer ?

En Belgique, 200 000 personnes souffrent d’Alzheimer. Un plan wallon pourrait-il permettre de mettre en place une politique plus globale et transversale pour relever les défis liés à la prise en charge des personnes touchées par la maladie ?

Question orale de Sabine Roberty du 01/02/22 à Christie Morreale, Ministre de la santé

Madame la Ministre, en Belgique, ce sont 200 000 personnes qui sont atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie neurodégénérative assimilée. Avec le vieillissement de la population, ce nombre risque fortement d’augmenter dans les années futures.

En octobre dernier, vous confirmiez qu’un plan Alzheimer global et transversal semblait manquer en Wallonie pour relever les défis liés à la prise en charge des personnes touchées par cette maladie. Vous disiez alors aussi vouloir vous pencher sur la finalité d’un tel plan et les moyens qui seraient nécessaires pour l’implémenter. Dans une telle optique, une articulation avec le Fédéral compétent pour la politique médicamenteuse et les cliniques de la mémoire notamment est également nécessaire.

Avez-vous pu avancer dans l’élaboration de ce plan ? Avez-vous par exemple déposé une note en ce sens auprès du Gouvernement ?

Avez-vous chargé l’AViQ d’initier le travail en partenariat avec les associations et les acteurs de terrain ? Avez-vous pris des contacts à ce sujet avec le Fédéral ? Sinon pour quelles raisons ?

Puis, quelles sont les priorités que vous avez identifiées pour assurer une meilleure prévention et une meilleure prise en charge des patients atteints par la maladie ?

D’après ce plan Alzheimer Belgique, près de 70 % des personnes atteintes de cette maladie vivent à leur domicile. Intégrez-vous cette question dans votre réflexion plus large sur l’autonomie et sur le maintien à domicile ? Vous savez à quel point ce secteur m’est cher.

Réponse de la ministre

Madame la Députée, effectivement, quand on voit les chiffres pour l’année dernière, à peu près 18 % de la population belge présentait une maladie dégénérative.

Le 28 octobre, j’ai chargé l’AViQ de rendre un avis autour de la proposition de loi de Catherine Fonck demandant la mise en place – oui, c’est pour cela – par le Gouvernement fédéral d’un plan Alzheimer démence et maladies apparentées. L’AViQ m’a transmis une note d’opportunité autour de la mise en œuvre de ce plan Alzheimer en Wallonie. Le plan fédéral propose trois axes de travail et 36 actions. Je ne vais pas vous dire les 36 actions, mais voici les trois axes.

Le premier axe, c’est améliorer la qualité de vie des malades et des aidants. De manière non exhaustive et à titre illustratif, il s’agirait pour la Wallonie de diversifier les offres de répit tout en soutenant et en renforçant l’existant, développant l’éducation des aidants. La formation doit aussi être renforcée et adaptée au regard des connaissances scientifiques actuelles en matière d’approche non médicamenteuse. Il y a des cafés Alzheimer par exemple qui sont beaucoup organisés dans les communes qui l’ont été avec le plan de cohésion sociale et qui sont très appréciés par les familles qui peuvent un peu aussi déposées les difficultés qu’elles rencontrent et pouvoir en discuter entre familles apparentées qui connaissent les mêmes difficultés.

Le deuxième axe, c’est connaître pour agir. Il faudrait disposer d’une coordination scientifique. Que ce soit en termes d’innovation clinique, mais aussi en termes de recherche en sciences sociales.

Le troisième axe, c’est mobiliser pour les enjeux de société puisque l’absence d’une information centralisée est ici visée. Un site internet et un numéro unique pourraient permettre de renvoyer les personnes, les aidants proches et les professionnels vers les services adéquats.

Je suis évidemment attentive au suivi de ce projet et je souhaite en effet, et je sais que vous y êtes attentive, Madame Roberty, que la Wallonie puisse aussi contribuer et participer à l’élaboration et à l’exécution des objectifs généraux de ce plan au regard de ses compétences, de ses réalités et de ses besoins. Pour y parvenir, nous veillerons à réunir les acteurs wallons qu’ils soient scientifiques ou associatifs

Réplique de la députée :

Je comprends bien tout l’attachement de Mme la Ministre sur le bon suivi de ce dossier. C’est un dossier important, on connaît toutes et tous des personnes qui souffrent de cette maladie particulièrement invalidante. Pour eux, mais aussi pour leur famille, c’est une prise en charge très lourde, très lourde aussi pour les maintiens à domicile, pour les personnes qui y travaillent, et je pense que c’est l’occasion pour nous aujourd’hui de faire le point. Ce sera l’occasion pour moi de revenir de manière régulière sur la mise en œuvre de ces 36 actions. Je sais que vous pouvez compter sur moi pour avoir un œil attentif

Source : Site du Parlement de Wallonie, Compte-rendu avancé de la commission du 01.02.22 de la Commission de l’action sociale, de la santé et de l’emploi – version non définitive qui n’engage ni le Parlement ni les orateurs.

 

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