En vue de limiter la propagation des espèces
déjà présentes, et de surveiller les espèces à risque, des mesures doivent être
planifiées.
Parmi celles-ci figure l’exécution coordonnée
du Règlement européen sur les espèces exotiques envahissantes (EEE).
À ce sujet, la Belgique avait été mise en
demeure par la Commission européenne, avec 14 autres États membres, car elle
n’avait pas été en mesure d’identifier les voies d’introduction et de
propagation des espèces définies comme préoccupantes pour l’Union, elle n’avait
dès lors pas non plus pu élaborer les plans d’actions nécessaires pour
s’attaquer à ces voies d’introduction. Un délai supplémentaire a été accordé
par la Commission jusqu’au 11 juillet 2022.
Une première version de ces plans a pu être
établie et devait alors être soumise à enquête publique. Madame la Ministre
peut-elle faire le point sur ce dossier ? Les plans ont-ils pu être adoptés par
la Conférence interministérielle de l’Environnement ? Ont-ils été approuvés par
la Commission européenne ?
Toujours dans le cadre de la lutte contre les
espèces exotiques envahissantes, peut-elle également faire le point sur le
suivi du projet Life Riparias ?
En réponse à la mise en demeure de la
Commission européenne concernant l’absence d’élaboration de plan d’action
visant les voies d’introduction et de propagation non-intentionnelles des
espèces exotiques envahissantes du règlement européen en la matière, la
Belgique a transmis le 7 juillet 2022 un plan d’action national à la Commission
européenne. Ce plan d’action a été validé en Conférence Interministérielle de
l’environnement en date du 23 juin 2022. Le plan d’action comprend trois volets
d’actions thématiques principales :
·
l’introduction et la propagation d’espèces
exotiques envahissantes par détention à des fins privées et publiques ;
·
l’introduction et la propagation d’espèces
exotiques envahissantes via l’exercice d’activités récréatives et
professionnelles dans les milieux d’eau douce ;
·
l’introduction et la propagation d’espèces
exotiques envahissantes via le transport de matériel d’habitat (sol et autres
matériaux de couverture du sol), de substrats de pépinières et via les machines.
Suite à l’introduction de ce plan, aucun retour
de la Commission n’a été réalisé, ce qui s’explique probablement par le fait
que de nombreux états membres étaient soumis à la même procédure, et que la
commission a donc un grand nombre de dossiers à vérifier.
Il convient maintenant à la Belgique et pour
partie à la Région wallonne de mettre en œuvre le plan de gestion proposé.
Certaines actions ont déjà été lancées à l’initiative du secrétariat
scientifique national et le comité national des espèces exotiques envahissantes
travaille actuellement à définir les moyens qui pourraient être mutualisés pour
assurer sa mise en œuvre. Celui-ci sera d’ailleurs soutenu par la Région
wallonne dans le cadre de ses missions.
Concernant le projet Life Riparias, les premiers
mois ont été consacrés principalement aux inventaires de terrains, réalisés en
Wallonie via les agents des contrats de rivière, ainsi qu’à l’élaboration
d’outils de formation et de communication.
C’est ainsi qu’en 2021 l’ensemble des sites
connus de la Berce du Caucase ont pu être revisités et les populations de
plantes aquatiques de près de 300 étangs, tant privés que publics, ont été
inventoriées. Plus de 80 sites ont été visités pour y vérifier la présence de
la Balsamine de l’Himalaya et enfin la vallée du Hain a fait l’objet d’un
recensement des écrevisses présentes.
Suite à ces découvertes, les agents de
l’administration ont pu procéder à l’éradication rapide de 2 populations de
Lysichiton americanus, une plante herbacée vivace encore peu répandue, dont la
gestion précoce peut empêcher sa diffusion sur notre territoire. Une population
de Crassula helmsii, une plante aquatique formant un tapis dense sur l’eau et
impactant négativement tout l’écosystème aquatique a également pu être gérée.
Pour augmenter encore la détection des espèces
exotiques envahissantes émergentes sur le terrain, les contrats de rivière ont
organisé des formations et des excursions à la reconnaissance des plantes
aquatiques envahissantes, à destination des naturalistes et des gestionnaires
de terrain. Ces formations ont rencontré beaucoup de succès et d’autres seront
proposées les prochaines années.
En 2022, le contrat de rivière Senne a organisé un
« Bioblitz », soit un recensement des espèces de l’ancien canal Charleroi-Bruxelles
et ce en collaboration avec les LIFE Bellini et RIPARIAS. L’importance de la
détection précoce des espèces exotiques envahissantes et de l’encodage des
données sur les portails d’encodage y était mise en avant. Cet événement s’est
inscrit dans une série de bioblitz européens sur les espèces exotiques
envahissantes.
Actuellement, les équipes des contrats de
rivière sont encore sur le terrain afin d’affiner les cartes de distribution de
chacune des espèces du projet. En plus de la validation des données historiques
connues, des nouvelles populations d’espèces problématiques sont encore
régulièrement trouvées. Pour les aider dans leur travail d’inventaire, un
portail de visualisation rassemblant plus de 40 bases de données a été lancé au
printemps 2022.
Afin de valoriser tout le travail de
prospection effectué par les équipes du LIFE, le contrat de rivière Senne est
devenu « data publisher » sur GBIF (Global Biodiversity Information Facility ou
Système mondial d’information sur la biodiversité), et ce, grâce au soutien de
la plateforme belge pour la biodiversité.
En plus de ces actions et afin d’informer le plus
grand nombre, des articles de sensibilisation à destination des propriétaires
d’étangs et de mares ont été diffusés dans plusieurs journaux communaux des
trois sous-bassins et via les newsletters des contrats de rivière. Les
propriétaires sont encouragés à signaler la présence d’espèces de plantes
aquatiques problématiques sur leurs plans d’eau.
Deux vidéos « tutoriels » ont été produites en
collaboration avec l’IRSNB sur la reconnaissance des groupes d’espèces les plus
difficiles, à savoir les élodées et les myriophylles.
De plus, le site Web du projet Riparias, ainsi que
le Facebook et le compte Twitter sont régulièrement mis à jour. J’invite d’ailleurs
l’honorable membre à s’inscrire à la newsletter du projet via le site http://www.riparias.be.
Pour la suite, les opérations de surveillance
vont bien sûr se poursuivre. De plus, dès la rentrée, les ateliers pour la
co-construction de plans de gestion communs à l’échelle de chaque bassin
versant du projet pour les espèces exotiques envahissantes seront amorcés, en
collaboration avec les gestionnaires et les partenaires des trois régions.
Et à partir de 2023, suite à l’élaboration de
ces plans de gestion communs, les gestions de terrain vont commencer. Mais afin
d’anticiper aux mieux ce travail, les contrats de rivière ont déjà démarré des
« gestions tests » en 2022 sur des sites envahis par des espèces du projet pour
lesquelles nous manquons d’expérience comme la jussie ou l’hydrocotyle. En
parallèle, une estimation du temps de travail nécessaire pour la gestion de la
Balsamine de l’Himalaya est en cours.
Crédit
photo : Photo de Chris Tombrella :
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