FWB – QUEL RESULTAT POUR LA CAMPAGNE « J’PEUX PAS J’AI CINEMA »

Afin de soutenir les cinéma, l’opération « J’peux pas j’ai cinéma » visait à proposer un certain nombre de places à 1euro. Quel est le résultat de cette action ?

Question orale de Sabine Roberty du 08/09/20 à Bénédicte Linard, vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des femmes

Pour soutenir le secteur lors du déconfinement, le Centre du cinéma et de l’audiovisuel (CCA) a lancé une opération, «J’peux pas, j’ai cinéma», pour soutenir la réouverture des salles. Nous avons d’ailleurs eu l’occasion d’en discuter ensemble juste avant la mise en œuvre de ce projet.

Pour rappel, cette initiative qui a couru du 1 er juillet au 31 août a permis de mettre à disposition du public, dans les cinémas partenaires, 15 000 places au prix d’un euro.

 Aujourd’hui, l’action a donc touché à sa fin et, depuis son lancement, la situation sanitaire a encore évolué. Madame la Ministre, les vacances d’été ne sont pas la période la plus lucrative pour les cinémas, le beau temps que nous avons connu a certainement continué de tenir le public éloigné des salles. À cela s’ajoutent évidemment les chiffres de contamination de l’épidémie, les craintes qui y sont liées, mais aussi les mesures sanitaires qui peuvent rendre le visionnage contraignant.

Pouvez-vous faire le point sur cette opération ? Le public a-t-il répondu présent ? L’achat de 20 000 places était initialement prévu par le gouvernement ; 15 000 ont finalement été mises à disposition pour cette opération. Une prolongation de l’action est-elle possible ? D’autres mesures sont-elles envisagées pour continuer à soutenir les cinémas ? De manière plus générale, disposez-vous de données effectives qui permettent d’analyser les chiffres sur la reprise du secteur ? À la suite de la réouverture des salles, une attention particulière a-t-elle été constatée pour l’exploitation de films belges ? Comment inciter les exploitants à programmer ces films ?

Réponse de Bénédicte Linard, vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des femmes

La campagne de promotion pour la réouverture des cinémas d’art et d’essai, intitulée «J’peux pas, j’ai cinéma!» a été lancée le 1er juillet. Cette campagne a consisté en l’achat de 15 000 places de cinéma à huit euros par place et leur mise à disposition à un euro la place via le site www.jaicinema.be. Onze cinémas soutenus par la Fédération Wallonie-Bruxelles ont participé à l’opération: Aventure, Galeries, Kinograph, Vendôme, Palace, les Grignoux (Churchill, Parc, Sauvenière, Caméo), Plaza Art et Quai10.

Le nombre de places disponibles par cinéma était défini chaque semaine, afin de valoriser des films porteurs de distributeurs reconnus, ainsi que des films d’initiative belge francophone. Combinée avec le soutien aux distributeurs de films, cette mesure a permis aux cinémas, dès leur réouverture et dans les conditions sanitaires du moment, d’assurer une offre minimale qualitative pour le public, ce qui a fonctionné. J’ai récemment autorisé le passage de 1,5 mètre à 1 mètre entre les bulles de spectateurs, ce qui permet d’augmenter le nombre de spectateurs dans les salles et de relancer, dans la mesure du possible, l’activité des exploitants.

En moyenne, 90 à 95 % des personnes ayant réservé en ligne se sont effectivement rendues à la séance. Au 31 août, 11 899 places sur les 15 000 avaient été distribuées, réparties sur 4 437 séances de 42 films différents. Parmi les films les plus réservés figure «Yakari» (1 107 places), au coude à coude avec «Été 85» (1 106 places). À la troisième place de ce peloton de tête figure «La bonne épouse» (902 places). Certains films belges qui avaient vu leur exploitation en salle arrêtée par le confinement et qui, ensuite, avaient été diffusés directement en VOD, ont bénéficié d’une nouvelle sortie en salle. Cela n’a pu se faire que grâce à l’intérêt de nos exploitants pour notre production nationale. Je les en remercie !

J’ai marqué mon accord pour que l’opération se poursuive jusqu’à épuisement du nombre de places préachetées. Les retours des exploitants sont très positifs. Outre l’apport financier, cette opération leur a permis de se faire connaître d’un nouveau public. Elle a également permis à des familles de retrouver le goût des sorties au cinéma, notamment grâce au prix particulièrement bon marché des tickets.

En cette rentrée difficile pour le monde de la culture et du cinéma, je me réjouis également de la reprise des festivals, qui témoigne de la résilience du monde du cinéma. Je pense notamment au BRIFF (Brussels International Film Festival), au BSFF (Brussels Short Film Festival), au Millenium (Festival international du film documentaire) et bientôt au FIFF (Festival international du film francophone de Namur). En tant que première fenêtre d’exploitation des films et véritable vitrine des œuvres cinématographiques, les festivals jouent un rôle fondamental dans le redéploiement culturel. Ils sont aussi en première ligne dans la valorisation des films et des artistes belges auprès du public.

Néanmoins, ne nous y trompons pas! Le chemin pour que le public retrouve, avec la même facilité, les salles obscures sera long. Ce laps de temps doit donc aussi être l’occasion de réfléchir au lien entre les œuvres et les publics. Il doit aussi être l’occasion de réfléchir la réponse que nous pouvons apporter à l’évolution des nouvelles pratiques de consommation des œuvres cinématographiques. Une nouvelle chronologie des médias est en train de se développer: il est dès lors essentiel d’y être attentif afin que chaque maillon de diffusion y trouve sa valeur et son équilibre. Ce nouvel équilibre devra convenir à la fois au public et aux professionnels du métier.

Réplique de Sabine Roberty

Je reprends la parole, simplement pour me réjouir des chiffres. La campagne a atteint un très bel objectif avec 11 899 places distribuées. Je me réjouis aussi du fait que vous élargissiez la plage jusqu’à épuisement du stock, si je peux parler en ces termes. J’espère que l’épidémie de la Covid ne connaisse pas une seconde vague. La relance permet, justement, d’écumer le reste des places disponibles.

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