Langues régionales endogènes : comment assurer leur préservation ? (avril 2022)

Question écrite du 29 avril 2022 de Sabine ROBERTY à Bénédicte LINARD, vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des femmes

Vous connaissez mon intérêt pour les langues régionales endogènes. C’est en effet une thématique que j’affectionne particulièrement parce que je suis convaincue de l’intérêt de ces dernières pour la survivance de nos traditions, de notre histoire et plus largement de notre culture. À deux reprises déjà je vous ai interrogée sur le sujet dans le cadre de nos travaux en commission et j’ai jugé bon d’y revenir pour faire le point sur les projets en cours. Il était notamment question d’une réflexion menée par le Conseil de la langue française et de la politique linguistique (CLFPL) concernant l’intégration des langues régionales dans le cadre de l’éveil aux langues. Je me permets d’ailleurs de souligner que l’une des missions du service des langues régionales endogènes (SLRE) est l’éducation et la transmission intergénérationnelle des langues régionales endogènes et qu’à cet égard, celui-ci collabore avec le Conseil des Langues régionales endogènes en vue d’élaborer, je cite, un « argumentaire en faveur de l’enseignement des langues régionales endogènes au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles ».

  Pouvez-vous faire le point sur ces différentes entreprises ?

En outre, vous aviez signalé que la Direction de la recherche scientifique avait débloqué un budget de 75 000 euros pour mener une enquête sur la vitalité des langues régionales en Fédération Wallonie-Bruxelles en collaboration avec l’Observatoire des politiques culturelles (OPC) et l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS).

Les résultats de cette enquête devaient être disponibles au cours du premier quadrimestre 2022. Quelles en sont les conclusions ?

La bibliothèque des dialectes de Wallonie a été désignée à l’issue d’un marché public pour accompagner les communes qui participent à l’action « Ma commune dit oui aux langues régionales ».

  Quel est son rôle plus précisément ? Pourriez-vous m’en dire davantage concernant les modalités de cette collaboration ? Diriez-vous qu’elle porte ses fruits ? D’autres communes ont-elles été labellisées dernièrement ? Comment cette action est-elle promue auprès des communes ?

Réponse de Bénédicte LINARD, vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des femmes.

Concernant l’enquête sur la vitalité des langues régionales endogènes en Fédération Wallonie-Bruxelles menée par le CLFPL, il est encore trop tôt pour en communiquer les conclusions. L’enquête proprement dite a été réalisée en trois vagues successives, sur un échantillon de 5 000 répondants effectifs en combinant les deux modes de sondage, à savoir les enquêtes en ligne et les enquêtes téléphoniques. Le rapport complet élaboré par l’institut de sondage Dedicated, qui a remporté le marché public, vient d’être présenté aux membres du Comité d’accompagnement ce 22 avril. Les résultats feront ensuite l’objet d’une analyse par les différents organismes encadrant le processus tels que la Direction de la recherche scientifique, l’OPC, l’IWEPS et le SLRE.

Je dispose bien des résultats de l’enquête relative à la présence des langues régionales endogènes en milieu scolaire. Compte tenu des résultats, les actions à mettre en œuvre prioritairement consistent notamment à communiquer davantage sur l’existence de centres de ressources et à concevoir et soutenir financièrement des outils susceptibles d’aider les enseignantes et enseignants dans leurs activités de sensibilisation aux langues régionales.

Dans cette perspective, le SLRE de la Fédération Wallonie-Bruxelles a mené diverses actions dont le lancement du programme « Langues et cultures régionales en classe », prioritairement mis à disposition des écoles des communes labellisées « Ma commune dit oui aux langues régionales » via un budget spécifique de 10 000 euros dégagé à l’initial 2023 destiné à défrayer des intervenants.

Un appel à projets dans le cadre de la Fête aux langues de Wallonie a été lancé afin de soutenir la création de ressources pédagogiques disponibles dans les 8 différentes variétés de langues régionales pratiquées en Fédération Wallonie-Bruxelles. Diverses initiatives, comme un contenu sonore ou la publication d’un livre pour enfants et d’un recueil illustré de 500 expressions picardes, ont également été soutenues en 2021 dans le cadre de la session Langues régionales endogènes de la Commission des Écritures et du Livre. La publication d’un support d’apprentissage du wallon namurois, sous la forme d’un livret pédagogique bilingue français wallon, destiné au jeune public et au corps enseignant, ainsi que le projet « Wallook », qui est une mallette d’exploitation pédagogique du livre « Mes mille premiers mots en wallon liégeois » ont également été soutenus.

Dans le cadre du label « Ma commune dit oui aux langues régionales », la collaboration avec la bibliothèque des dialectes de Wallonie s’effectue à la suite d’un marché public qui a récemment été reconduit jusqu’en 2025. Les services rendus par ce prestataire sont variés tels que la fourniture de ressources aux communes labellisées dont des annuaires et des répertoires (d’artistes, de spectacles, de publications), la mise en contact des communes avec des spécialistes susceptibles de leur fournir des services de traduction, la promotion du label sur les réseaux sociaux… Mon administration s’estime satisfaite de cette collaboration.

Enfin, les candidatures de 14 communes ont été approuvées le 31 mars dernier par le Comité de labellisation assemblé dans le cadre de ce programme. Elles seront prochainement labellisées au cours d’une cérémonie publique.

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