PW – La répartition des abris de nuit en Wallonie

En février dernier, la ministre annonçait l’ouverture de 26 nouvelles places et un budget supplémentaire de 503 000 euros octroyé aux maisons d’accueil, de vie communautaire et aux abris de nuit en Wallonie. Qu’en est-il de la répartition de ces nouvelles places ?

Question orale du 16/06/20 de Sabine ROBERTY à Christie MORREALE, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Egalité des chances et des Droits des femmes

Madame la Ministre, la DPR accorde une grande importance à la lutte contre le sansabrisme qu’elle place au cœur de ses priorités. Ainsi, elle prévoit notamment d’accroître l’offre en termes d’abris de nuit et d’en assurer une meilleure répartition sur le territoire.

En effet, si l’on sait que le sans-abrisme est plus présent dans les grandes villes, ce phénomène est également le résultat d’un appel d’air qui se crée du fait que seules ces grandes villes bénéficient de ce type de structures. En plus d’une charge de travail conséquente pour les abris existants, cette situation implique également des déplacements pouvant être importants pour les personnes sans-abri.

En février dernier, vous annonciez l’ouverture de 26 nouvelles places et un budget supplémentaire de 503 000 euros octroyé aux maisons d’accueil, de vie communautaire et aux abris de nuit en Wallonie. Ces places d’accueil additionnelles pour les personnes en difficulté sociale seront réparties dans les provinces de Hainaut, de Liège, de Namur et du Brabant wallon et répondent à l’ensemble des demandes introduites valablement pour l’année 2020.

Madame la Ministre, pouvez-vous revenir sur l’ouverture de ces nouvelles places et sur leur répartition dans les provinces précitées ?

Des places destinées en particulier aux femmes victimes de violences conjugales sont-elles concernées ?

D’un autre côté, et vous l’avez déjà rappelé au sein de cette commission, si vous pouvez donner une impulsion, en tant que ministre de l’Action sociale, une volonté politique est nécessaire au niveau local pour faire aboutir un éventuel projet d’abri de nuit.

Dans ce contexte, de quelle manière soutenir et éventuellement encourager la création de ces abris pour tendre vers une meilleure répartition territoriale ?

Par exemple, une collaboration entre les différents pouvoirs locaux est-elle souhaitée, voire encouragée ?

Réponse de Christie MORREALE, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Egalité des chances et des Droits des femmes

Mesdames les députées, les 26 places supplémentaires au niveau des maisons d’accueil, des maisons de vie communautaire et des abris de nuit concernent, effectivement, les provinces du Brabant wallon, de Hainaut, de Namur et de Liège. Le Gouvernement fixe annuellement une programmation en fonction des demandes introduites préalablement par les opérateurs.

Plus précisément, la répartition de ces 26 places est la suivante :

– une augmentation de la capacité subventionnée de 36 à 42 places pour la maison d’accueil les Quatre Vents, c’est-à-dire plus six, au Brabant wallon ;

– une augmentation de la capacité agréée subventionnée de 16 à 25 places pour la maison d’accueil La Source, dans le Hainaut, et il y a neuf places en plus ;

– une augmentation de la capacité agréée de la maison d’accueil – je l’ai signée hier — Accueil Famenne de 16 à 26 places et de la capacité subventionnée de 11 à 21 places, c’est-à-dire plus 10 places et une augmentation de la capacité agréée subventionnée de l’abri de nuit Thermos de 22 à 24 places. C’est plus deux pour Liège.

En ce qui concerne plus particulièrement l’accueil de femmes victimes de violences conjugales, l’offre a été augmentée à partir de dispositions exceptionnelles prises par les institutions durant la crise sanitaire.

Par ailleurs, en termes de prévention du sansabrisme, les relais sociaux sont des partenaires importants de la stratégie wallonne. La plupart d’entre eux ont mis en place des projets en partenariat avec des sociétés de logements sociaux ou des AIS. Un budget additionnel de 350 000 euros a aussi été dégagé en faveur des relais sociaux pour la réinsertion des primoarrivants qui sont dans la rue.

L’objectif de l’appel à projets est d’atteindre immédiatement les personnes qui se retrouvent depuis peu en rue et de leur proposer un accompagnement adéquat, afin qu’elles ne s’y enlisent pas et que leur situation ne se chronicise.

L’intention n’est évidemment pas de laisser les personnes qui sont depuis longtemps dans le sans-abrisme, mais pour lesquelles un travail de longue haleine doit être mené par l’ensemble des services.

Il s’agit, ici, d’agir rapidement en amont d’une chronocisation du sans-abrisme. Cette offre vient finalement compléter le dispositif. Ces personnes confrontées à la rue depuis peu, bien que probablement en situation de crise, peuvent encore être rapidement mobilisables.

La finalité du projet est d’intégrer durablement la personne dans un logement, de faire le point sur ce qui l’a amené en rue et de développer des outils pour dépasser ces difficultés sur le moyen et le long terme.

Actuellement, les sept relais sociaux urbains couvrent les grandes villes wallonnes.

La Province du Brabant-wallon et celle de Luxembourg ainsi que les opérateurs locaux qui relèvent de l’Action sociale réfléchissent avec notre soutien à la création d’un relais social intercommunal. La création de ces deux relais sociaux intercommunaux permettrait d’avoir une vision régionale plus globale de la grande précarité.

Sur le plan de la prévention, il convient de rappeler que les services de médiation de dettes ont aussi été renforcés ces dernières années, afin d’aider au mieux nos concitoyens, de leur éviter la spirale de l’endettement et de se retrouver à la rue.

En ce qui concerne la collaboration avec mon collègue, M. le Ministre Dermagne, nos services respectifs se rencontrent fréquemment, notamment dans le cadre des comités d’accompagnement annuels, des projets Housing First et des réunions du Housing First Lab organisées par le SPP Intégration sociale.

Depuis maintenant 10 ans, les relais sociaux et leurs partenaires collectent des données sur le public en grande précarité et le fonctionnement des services qui lui viennent en aide. Ces données sont transmises à l’IWEPS qui les analyse. Les données collectées ne permettent cependant pas d’éviter les doublons.

Les données sont collectées de manière différente suivant le type de service : comptage des personnes en abri de nuit, échantillonnage en accueil de jour vu l’affluence.

Une estimation du nombre de personnes sans domicile fixe reste difficile à rapporter. L’IWEPS a publié un rapport de recherche sur la prise en charge du sans-abrisme en 2016. Annuellement, il publie également des fiches sur l’hébergement d’urgence disponibles sur leur site.

En outre, un dénombrement a en effet été réalisé fin 2019 par la Ville de Liège, en collaboration avec son Relais social.

Nous ne disposons pas encore des conclusions définitives et cette question du dénombrement sera examinée prochainement, en concertation entre autres avec les différents relais, de façon à faire évoluer notre connaissance de la situation du sans-abrisme en Wallonie et de mieux lutter contre ce fléau.

Réplique de Sabine ROBERTY

Merci, Madame la Ministre, pour vos réponses précises. Pour en revenir à ma question sur les femmes, j’ai vraiment envie d’insister et de dire qu’il s’agit vraiment d’un aspect très complexe du sans-abrisme particulier et que cela est aujourd’hui dramatique. Cette thématique m’est chère et je reviendrai de manière régulière au sein de notre commission pour l’évoquer avec vous. Par rapport aux réponses qui concernent les collaborations locales, toutes les pistes peuvent être évoquées et je n’hésiterai pas à revenir aussi sur cette thématique en particulier au sein de notre commission.

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