Les arrêts à la demande permettent-ils de lutter contre le harcèlement de rue ?

Dans plusieurs villes d’Europe, un service d’arrêt à la demande sur les lignes de bus a été mis en place. Ceux-ci permettent-ils de lutter contre le harcèlement de rue ?

Question écrite de Sabine Roberty du 09/03/22 à Philippe HENRY, Ministre de la mobilité

Dans plusieurs villes d’Europe, un service d’arrêt à la demande sur les lignes de bus a été mis en place. Ce service permet de demander à descendre du bus entre deux arrêts officiels à partir d’une certaine heure, 22h par exemple.

Cette pratique s’est développée pour répondre au sentiment d’insécurité des femmes dans l’espace public, dans les transports, un sentiment qui est encore renforcé la nuit.

Dans les lieux où elle a déjà été testée comme à Nantes ou en Île-de-France, cette mesure semble avoir démontré une certaine efficacité. Les demandes ne sont pas exagérées et permettent de maintenir le bon fonctionnement du service tout en rassurant certaines utilisatrices.

Monsieur le Ministre peut-il nous donner son avis sur ce dispositif ? Cela permettrait-il selon lui de participer à la lutte contre le harcèlement dans les transports en commun ?
Des expériences pilotes ont-elles déjà été menées par l’OTW ?

Une réflexion en ce sens a-t-elle été initiée avec sa collègue en charge des Droits des femmes ?

Réponse du 19/05/22

En février 2018, le Parlement wallon demandait à l’OTW et au SPW la mise en place d’un groupe de travail sur le harcèlement sexiste dans les transports en commun.

Le groupe de travail a recommandé et mis en œuvre le plan d’actions suivant :
– la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation ;
– l’intégration, dans le cadre des conditions de vente TEC, d’un critère relatif aux comportements sexistes ;
– l’étude de l’extension du projet « gestion des irrégularités » en matière de harcèlement sexuel ;
– l’étude de la mise en place d’une application smartphone permettant de reporter les comportements d’harcèlement sexuel ;
– la quantification du phénomène via l’enquête satisfaction ;
– l’intégration d’un module relatif au phénomène harcèlement sexuel dans la formation initiale et continue ;
– l’intégration d’un critère relatif au harcèlement sexuel dans le rapport d’ambiance du chauffeur ;
– la mixité du personnel et la collaboration avec les services de police ;
– l’interdiction de publicités véhiculant une image dégradante des femmes dans les espaces publicitaires du TEC ;
– l’établissement d’un rapport d’avancement des dispositions prises par le TEC dans son rapport d’activité.

Ces actions ont été mises en œuvre en partenariat avec l’association Vie Féminine et une vaste campagne de sensibilisation a été organisée par le TEC et Amnesty International et ensuite JAGIS.BE (2021).

En ce qui concerne l’action « arrêt à la demande » et la création d’une application smartphone permettant de reporter les comportements d’harcèlement sexuel, l’association partenaire Vie féminine a recommandé de ne pas mettre cette solution en œuvre, car cela ne garantit pas la sécurité de la victime et peut même engendrer une insécurité plus importante.

Le TEC a pris en compte cet avis et insiste sur le fait qu’il est préférable que la victime reste près du chauffeur, afin que celui-ci puisse prévenir le dispatching (relevé des images caméra), avertir la victime de la procédure mise en place au sein du TEC et surtout garantir la sécurité de la victime par sa présence.

Source : Site du Parlement de Wallonie

 

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