FWB – La préservation de notre patrimoine culturel immatériel

Question orale du 15 juin 2021 de Sabine ROBERTY à Bénédicte LINARD, vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des femmes

Trace du passé, ancrage pour l’avenir, notre patrimoine culturel immatériel est un trésor qu’il nous faut protéger. Le carnaval de Binche, la culture du carillon, l’art des sonneurs de trompe ou encore la culture de la bière sont autant de chefs-d’œuvre dont nous pouvons être fiers, auxquels nous pouvons nous rattacher et que nous pouvons perpétuer. Qu’à cela ne tienne, le patrimoine culturel ne se résume pas à des monuments et des objets. Il peut être aussi « immatériel ». Il concerne alors les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants, comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ou les connaissances et le savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel. À l’heure de la mondialisation, il permet de maintenir toute la richesse de la diversité culturelle. Il permet aussi la rencontre respectueuse de l’autre dans toute sa singularité.

Madame la Ministre, de façon globale, qu’est-ce que la Fédération Wallonie-Bruxelles met en œuvre pour préserver, enrichir et promouvoir notre patrimoine oral et immatériel ?

La mise en œuvre du décret du 28 mars 2019 sur la nouvelle gouvernance culturelle a-t-elle eu un quelconque impact sur le travail de la Commission du patrimoine oral et immatériel ?

En mars 2020, la journée de sensibilisation au patrimoine culturel et immatériel qui devait avoir lieu à Mouscron, la commune de ma collègue ici présente, Madame Ahallouch, a été annulée. Aura-t-elle lieu cette année ?

En outre, sur le site internet qui y est consacré, les bilans publics de la Commission du patrimoine oral immatériel ainsi que les bilans publics des archives du Conseil d’ethnologie ne sont pas disponibles pour l’année 2020. Le seront-ils prochainement ?

De nouvelles reconnaissances et/ou subventions ont-elles été accordées en 2020 et 2021 ?

Enfin, la Déclaration de politique communautaire (DPC) prévoit de « développer une vision patrimoniale coordonnée en actualisant les décrets relatifs au patrimoine mobilier et immatériel et aux centres d’archives privées, en examinant attentivement la mise en œuvre du nouveau décret sur les musées et en établissant une concertation structurée entre les acteurs du secteur et les différents niveaux de pouvoir ». Dans le cadre d’une question qui vous était posée en septembre 2020, vous aviez indiqué avoir reçu l’avant-projet de décret. Vous comptiez ainsi inscrire le nouveau décret à l’ordre du jour du gouvernement dans les mois qui suivraient. Le travail avance-t-il à cet égard ?

Réponse de Bénédicte LINARD, vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des femmes.

Depuis 2017, des journées de sensibilisation sont organisées chaque année. La première journée était consacrée à la province du Luxembourg, le 23 mars 2017. La deuxième, à la province de Liège, le 25 octobre 2018. La troisième, à la province de Namur, le 21 novembre 2019. La quatrième journée de sensibilisation au patrimoine culturel immatériel (PCI), consacrée à la Wallonie-Picarde, qui devait avoir lieu le lundi 23 mars 2020 à Mouscron, a effectivement été annulée. Une nouvelle date sera reprogrammée dès que possible. D’autres journées devraient suivre ensuite, dans le Brabant wallon et la région du Centre. Les objectifs de ces journées sont de présenter ce qu’est le patrimoine culturel immatériel, dans toute sa richesse et sa diversité, et de sensibiliser les porteurs et acteurs de ce patrimoine à sa sauvegarde. Ces journées visent également à lancer d’éventuelles nouvelles demandes de reconnaissance officielle comme chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de renouveler la visibilité des éléments reconnus. Elles permettent également de rappeler la modernité du patrimoine culturel immatériel et l’évolution de ce patrimoine vivant. Elles permettent enfin de faire émerger une certaine fierté de son patrimoine local, tout en renforçant l’attractivité de la reconnaissance au niveau national. La Fédération participe aux procédures de reconnaissance en tant que patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO des manifestations culturelles inscrites sur son inventaire, tant nationales que multinationales. Enfin, les actualités des différents opérateurs PCI sont régulièrement présentées sur les réseaux sociaux de l’Administration générale de la culture et de la Direction du patrimoine culturel. Le décret du 28 mars 2019 sur la nouvelle gouvernance culturelle a mis en place la Commission des patrimoines culturels, dont la Session du patrimoine culturel immatériel fait partie. Cette Session, à la suite d’un renouvellement des membres de la Commission, est actuellement composée de neuf experts en ethnologie et patrimoine culturel immatériel. L’article 82 du décret du 28 mars 2019 sur la nouvelle gouvernance culturelle prévoit également que la Commission des patrimoines culturels peut remettre un avis sur toute demande de subvention portant sur les enquêtes, la recherche, les publications de toute nature en matière d’ethnologie, d’arts et de traditions populaires. À l’heure actuelle, aucune organisation n’a encore été reconnue comme Fédération représentative du patrimoine culturel immatériel au sein de la Chambre de concertation des patrimoines culturels. Conformément au décret sur la nouvelle gouvernance culturelle, les avis des Commissions et des Chambres de concertation doivent être publiés sur le site internet de l’Administration générale de la culture (AGC). Les modalités de cette publication doivent encore être précisées à l’échelle de l’AGC. Parmi les dernières reconnaissances intervenues en 2020 et 2021, citons le Grand Tour Saint-Vincent, la pratique du code Morse, l’art de la construction en pierre sèche, les arts et la culture du cirque traditionnel itinérant, la culture vivante de la fête foraine et la fête de Saint-Mard. Plusieurs subventions ont également été octroyées en 2020, pour un total de 11 000 euros. Les projets soutenus sont diversifiés : restauration d’éléments mobiliers nécessaires à la pratique d’un élément du patrimoine culturel immatériel reconnu, recherche et étude en matière d’ethnographie, enregistrement de patrimoine oral et musical. Les premières demandes de subvention 2021 sont, quant à elles, en cours d’instruction. Enfin, par rapport à ce que prévoit la DPC et l’actualisation du décret de la Communauté française du 11 juillet 2002 relatif aux biens culturels mobiliers et au patrimoine immatériel, ma volonté est de doter le patrimoine culturel immatériel d’un décret qui lui est propre et qui répond aux attentes et à la réalité du secteur. Un travail de réflexion a été entamé en ce sens.

Réplique de Sabine ROBERTY

Je vous remercie pour vos réponses, Madame la Ministre. Nous sommes d’accord pour dire que le patrimoine culturel immatériel procure un sentiment d’identité, de continuité et aussi de fierté. Je suis heureuse d’apprendre qu’une nouvelle date sera fixée pour la Journée de sensibilisation au patrimoine culturel immatériel prévue à Mouscron. Ce sera peut-être l’occasion de découvrir la ville avec notre collègue, Madame Ahallouch. Cela me réjouit, et à l’écoute de mes collègues, il me semble que ces journées de sensibilisation nous réjouissent finalement tous. Les sept reconnaissances intervenues en 2020 sont une très bonne chose. Vous dites que le projet de décret avance et je reviendrai donc sur le dossier dans quelque temps.

 

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