FWB – Mixité dans les filières de formation

Question orale du 20 octobre 2020 de Sabine ROBERTY à  Caroline DÉSIR, Ministre de l’Éducation

Les médias se sont récemment fait l’écho de l’histoire de la jeune Océane, 19 ans, qui peine à trouver un stage en menuiserie sous prétexte qu’elle est une fille. Ce cas n’est pas sans rappeler celui des jeunes filles qui, au début de l’année 2020, ne parvenaient pas à trouver un stage en carrosserie et qui s’étaient vu proposer d’intégrer la section «Cuisine»; une très belle option au demeurant, mais bien éloignée de la carrosserie. La mixité dans les filières de formation est une question majeure dans le domaine de l’égalité des chances, car les femmes sont encore aujourd’hui sous-représentées dans certaines filières de formation et dans certains métiers dits «masculins». Les enjeux de cette mixité ont du sens et sont légitimes. Par ailleurs, les stéréotypes de genre touchent les deux sexes. Madame la Ministre, les stéréotypes de genre se construisent et se renforcent notamment à l’école. Comment entendez-vous y remédier? Quels sont les efforts entrepris par les écoles pour encourager la mixité dans les différentes filières de formation? Comment l’école éduque-t-elle nos jeunes à l’égalité des sexes? Le personnel encadrant est-il lui-même sensibilisé à cette problématique? Bénéficie-t-il, par exemple, de modules de formation liés à des questions de genre dans le cadre scolaire?

Réponse de Caroline DÉSIR, Ministre de l’Éducation:

La persistance des stéréotypes de genre est un problème qui, malheureusement, touche encore l’école. C’est pour cette raison que la Déclaration de politique communautaire (DPC) prévoit que des formations en genre soient intégrées dans les contenus de la formation initiale et continue des enseignants et du personnel éducatif. Plusieurs formations existent actuellement à l’Institut de la formation en cours de carrière (IFC). Elles visent à déconstruire des stéréotypes et des représentations liés au sexe, au genre et à l’orientation sexuelle en analysant les messages discriminants véhiculés lors de l’orientation scolaire et professionnelle. Par ailleurs, dans l’optique d’encourager une orientation scolaire et professionnelle dépourvue de stéréotypes sexistes, j’ai inclus explicitement le thème du genre dans la préparation des prochaines Assises de l’Enseignement et de la Formation professionnelle prévues par la DPC. Comme j’ai eu l’occasion de le dire dans ma réponse à Mme De Re, les élèves travaillent aussi sur l’égalité des sexes, et ce, dès leur plus jeune âge. En effet, dans le nouveau référentiel des compétences initiales, la sensibilisation à la question du genre est abordée afin de permettre à tous les élèves de prendre part à des activités de la classe selon son choix et non en fonction de son genre. Cela doit se poursuivre dans les enseignements primaire et secondaire au travers notamment des animations conduites dans le cadre de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS). Enfin, certaines écoles participent à l’appel à projets «Girls’ day, Boys’ day» soutenu par le Fonds social européen (FSE). Cette initiative a pour objet de faire découvrir le monde du travail aux filles et aux garçons en leur présentant des métiers et professions dits atypiques pour leur sexe. Les objectifs visés sont, entre autres, d’éveiller l’intérêt des filles pour les métiers scientifiques et techniques et pour les nouvelles technologies, d’éveiller l’intérêt des garçons pour des professions pédagogiques, sociales ou de soins, ainsi que de réfléchir à la notion de genre dans les parcours scolaires. 

Réplique de Sabine ROBERTY:

Cette thématique est prévue au programme de la formation initiale des enseignants. C’est une bonne chose. La question du genre sera évoquée dans les prochaines Assises de l’Enseignement et de la Formation professionnelle. Je m’en réjouis. Je vous questionne régulièrement sur l’évolution des actions liées à l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) et je n’hésiterai pas, à l’avenir, à aborder ce sujet à travers le prisme du genre. Vous avez également cité l’excellente initiative «Girls’ day, Boys’ day» qui a toute sa place dans l’élaboration d’un projet d’orientation scolaire et d’orientation professionnelle. La découverte des métiers se fait aussi par le prisme du genre et il faut en être conscient. C’est donc aussi au travers de l’école et des apprentissages que nos enfants évolueront dans le bon sens.

NEwsletter