PW – La disparitions des populations de lapins sauvages

Il apparaît que les populations de lapins ont considérablement baissé ces dernières années. Qu’en est-il en Wallonie ?

Question écrite de Sabine ROBERTY du à Céline TELLIER, Ministre du bien-être animal

Il apparaît que les populations de lapins ont considérablement baissé ces 15 dernières années. Ce phénomène n’est pas limité à notre Région.

À l’échelle européenne par exemple, le lapin est classé dans les espèces « semi-menacées », et est considéré comme « en danger » au niveau mondial. Cette diminution est notamment due à deux maladies, la myxomatose qui a sévi dans les années 1950 et la fièvre hémorragique virale de la fin des années 1980, mais c’est principalement la destruction de leur habitat qui est en cause. En effet, le développement de l’agriculture intensive, avec ses champs et ses chemins de remembrements, a créé des zones infranchissables pour les lapins sauvages qui ne peuvent plus se déplacer pour se nourrir.

Madame la Ministre a-t-elle pu prendre connaissance de ces données ? Qu’en est-il en Wallonie ?

Comment assurer la sauvegarde des lapins sauvages ? Des pistes ont-elles déjà pu être dégagées ?

Réponse de la ministre du 1/08/21

Le déclin du lapin de garenne a été amorcé en Europe il y a plusieurs décennies, suite notamment à l’impact de la myxomatose dans les années 1950, puis celui de la maladie hémorragique virale (VHD) à la fin des années 1980. Aujourd’hui, c’est surtout la dégradation continue de ses habitats qui impacte le plus ses populations relictuelles.

En Wallonie, les populations ont fortement chuté ces dernières années. Les données disponibles pour évaluer la tendance de ses populations sont les prélèvements cynégétiques, lesquels se concentrent essentiellement sur le territoire de 4 conseils cynégétiques du Hainaut.

Les populations de Lapin de garenne sont isolées les unes des autres, ce qui les fragilise grandement. La situation peut effectivement être considérée comme préoccupante.

La première action consiste à favoriser les habitats nécessaires à l’espèce, caractérisés par la juxtaposition à une échelle très fine de zones ouvertes propices à son alimentation et de zones fermées constituant un couvert protecteur. Le projet « Yes we plant », la mise en place de nouvelles mesures incitatives en matière de biodiversité dans le cadre de la future politique agricole et les actions prévues dans la Stratégie « Biodiversité 360° » devraient y contribuer.

Complémentairement, l’autorisation de transferts d’individus dans le respect des lignes directrices de l’UICN relatives aux réintroductions constitue une piste à étudier, notamment au sein de sites où sa réintroduction pourrait être bénéfique à la biodiversité. En effet, le lapin de garenne modifie son environnement et y favorise certaines espèces comme des papillons ou des reptiles qui bénéficient de l’entretien de milieux ouverts et de la création de terriers.

 

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