PW – La régulation des pigeons en centre urbain, une question de bien-être animal

La présence massive de pigeons dans nos centres urbains est problématique et les moyens de régulation de leur population sont tantôt applaudis, tantôt largement décriés. Comment accompagner les communes ? Quelles méthodes privilégier ?

Question orale du 15/09/20 de Sabine ROBERTY à Céline TELLIER, Ministre de l’Environnement, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité et du Bien-être animal

Madame la Ministre, chers collègues, la présence massive de pigeons dans nos centres urbains est problématique et les moyens de régulation de leur population sont tantôt applaudis, tantôt largement décriés.

Les méthodes sont plurielles et cette problématique étant du ressort des autorités communales, celles-ci sont libres de choisir celles qu’elles jugent appropriées. Toutefois, toutes ne sont pas respectueuses du bienêtre animal. Je pense notamment à la capture suivie d’un abattage ou encore à la stérilisation chirurgicale.

De plus, ces méthodes, à long terme, s’avèrent plutôt inefficaces. Une autre voie, plus respectueuse, semble possible, notamment au moyen de pigeonniers, de graines contraceptives et de contrôle alimentaire.

Ces méthodes, souvent combinées, ont fait leurs preuves ailleurs.

Enfin, un avis du Conseil wallon du bien-être animal en 2016 prévoit un plan d’action visant à créer une cellule d’action au sein de chaque commune, relever les sites de nidifications et perchoirs, diminuer les ressources alimentaires et installer des pigeonniers contraceptifs.

Madame la Ministre, voici mes questions. Quelle réception faites-vous de l’avis du Conseil wallon du bien-être animal ?

Quelles méthodes sont à ce jour privilégiées par les différentes communes du territoire wallon et pour quelles raisons ?

Entendez-vous encourager ces dernières à utiliser des procédés de régulation respectueux du bien-être animal ? De quelle façon ?

Les communes qui souhaiteraient suivre les recommandations du conseil pourraient-elles bénéficier d’une aide de la Région wallonne, provenant par exemple du Fonds budgétaire du bien-être des animaux ?

Dans son plan pour une gestion éthique des pigeons en ville, Gaia affirme que la colombophilie entraîne un arrivage constant de pigeons. Ainsi, 10 à 40 % des pigeons capturés dans les centres urbains seraient bagués.

Pouvez-vous confirmer ces chiffres ? Disposez-vous de pistes pour résoudre ce problème ?

Réponse de Céline TELLIER, Ministre de l’Environnement, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité et du Bien-être animal

Madame la Députée, les communes ont en effet un rôle important à jouer en matière de bien-être animal.

C’est la raison pour laquelle j’ai proposé, pour la première fois, un régime d’aide de trois ans, plutôt qu’un régime annuel jusqu’à présent, pour les soutenir dans ces actions. Il s’agit d’un budget annuel de 427 000 euros, soit plus du double des montants liquidés les années précédentes.

Cet arrêté a été définitivement adopté par le Gouvernement wallon et les communes seront très prochainement informées des modalités pratiques à suivre.

Concernant la question de la présence des pigeons, il n’existe pas de statistique sur les problèmes posés par leur surpopulation en ville. Les nuisances sont difficiles à évaluer, puisqu’elles dépendent des plaintes des riverains.

Cette problématique, comme vous l’avez indiqué, relève de la compétence communale et les communes sont bien entendu libres de prendre les mesures qu’elles estiment utiles et peuvent se saisir de l’avis du conseil.

L’Union des villes et communes de Wallonie en est d’ailleurs partie et peut librement communiquer cet avis à ses membres. Je ne manquerai pas de le lui rappeler.

À ce stade, les actions de sensibilisation relatives à cette problématique peuvent bénéficier de subvention à travers le régime d’aide que le Gouvernement wallon vient de décider d’instaurer.

Réplique de Sabine ROBERTY

Je remercie Mme la Ministre pour l’ensemble de ses réponses. Je souhaite souligner l’importance justement de cette aide financière qui viendrait bien à point au niveau des échevinats du bien-être animal et dire également que ce genre de question et de réponse sont, j’imagine, de nature à parfois rassurer les autorités communales dans leurs choix, ou justement leur faire prendre conscience qu’il existe des alternatives, notamment au gazage et aux opérations chirurgicales.

 

 

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