FWB – Quelle évaluation pour le « plan lecture » ?

Le « Plan lecture », ce sont 30 mesures pour améliorer les capacités de lecture dans la tranche d’âge des 0 à 18 ans. Comment encourager les collaborations entre les écoles et les bibliothèques ? D’autres mesures seront-elles prises en Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Question de Madame Roberty à Madame Linard, Ministre de l’enfance, de la santé, de la culture, des médias et des droits des femmes sur le plan lecture

Ce mercredi 16 octobre débutera la nouvelle édition de l’opération « La Fureur de lire ». Durant cinq jours, des activités pour tous les âges seront organisées autour de la lecture, en Wallonie et à Bruxelles. Ce programme qui a pour ambition de promouvoir la lecture, de donner envie de lire et de partager des histoires est l’occasion de faire le point sur la promotion de la lecture en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Régulièrement, diverses études montrent des écarts significatifs parmi l’ensemble des élèves francophones en ce qui concerne leur maîtrise de la lecture, ainsi que des mauvais résultats au regard des chiffres européens. Ces constats particulièrement préoccupants ont mené à l’élaboration d’un plan «Lecture» reprenant 30 mesures pour une amélioration des capacités de lecture dans la tranche d’âge des 0 à 18 ans.

Madame la Ministre, une évaluation de ce plan « Lecture » lancé en 2015 a-t-elle été réalisée ?

Parmi les 30 propositions de ce plan, quelles sont celles qui n’ont pas encore été concrétisées et que vous souhaitez activer rapidement ?

Parmi les mesures de ce plan figurait la généralisation de la collaboration entre les écoles et les bibliothèques, notamment par la réactivation du contrat-lecture ? Dans ce contexte, un groupe de travail a été mis sur pied et votre prédécesseure attendait, en novembre dernier, les résultats de cette réflexion. Votre administration a-t-elle remis des propositions ?

D’autres mesures sont-elles envisagées pour augmenter cette collaboration entre les écoles et les bibliothèques ? Un budget spécifique est-il prévu à cet effet ?

Dans le cadre de l’opération « La Fureur de lire », un nouvel appel à projets sera-t-il lancé pour soutenir les initiatives locales ?

Enfin, quelle collaboration allez-vous instaurer avec votre collègue, Mme Caroline Désir, dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’excellence, pour placer la lecture au centre des apprentissages dès les classes de maternelles ?

Réponse de Madame Linard, Ministre de l’enfance, de la santé, de la culture, des médias et des droits des femmes

Parmi les 30 mesures proposées en 2015, 25 concernaient directement ou indirectement le secteur culturel et plus précisément le Service général des lettres et du livre et, pour les bibliothèques publiques, le Service général de l’action territoriale. Sur ces 25 propositions, 14 sont réalisées, 8 sont partiellement réalisées et 3 ne sont pas réalisées. Les autres propositions sont généralement développées dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’excellence et de la réforme de la formation initiale des enseignants. Comme il ne s’agit pas de compétences culturelles, je comprends votre question à propos d’éventuelles synergies, Madame la Députée.

Le budget du plan « Lecture » est maintenu. L’objectif à la base du plan « Lecture » était, comme vous le rappeliez dans votre question, de généraliser la collaboration entre les écoles et les bibliothèques, notamment grâce à la réactivation des « contrats-lecture ». Un inventaire des bonnes pratiques a été réalisé. Ensuite, afin de rassembler en une seule proposition cohérente ces différentes initiatives, l’administration a mis en place un groupe de travail qui développe trois axes.

Le premier axe concerne la production d’un vade-mecum à destination des directions des établissements scolaires pour les aider, en concluant un « contrat-lecture » avec une bibliothèque locale, à définir une stratégie d’apprentissage de la lecture conformément aux attendus du décret de 2016 portant notamment sur la création des plans de pilotage.

Le second axe porte sur la réalisation d’un répertoire des bonnes pratiques en matière de collaboration entre écoles et bibliothèques en s’appuyant notamment sur les projets financés dans le cadre de l’appel à projets « Plan Lecture/Fureur de lire » et sur les pratiques relevées tant par le Service de l’inspection de l’enseignement obligatoire que par le Service de la lecture publique.

Le troisième axe, qui s’inscrit dans le cadre d’une mise à jour des contrats-lecture visant à renforcer leur attractivité auprès des acteurs concernés, prévoit la possibilité de faire parrainer chaque contrat par un auteur/illustrateur de la Fédération Wallonie-Bruxelles afin de contribuer également à la mise en œuvre du parcours d’éducation culturelle et artistique (PECA) attendu dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’excellence.

L’administration ne m’a pas encore fait parvenir les propositions concrètes relatives à ces trois axes, mais elle m’a assuré que cela serait le cas très prochainement. Je serai en mesure de vous répondre plus précisément à ce moment-là.

En ce qui concerne, l’appel à projets « Plan Lecture/Fureur de Lire » a bien été lancé cette année et s’est clôturé le 31 mai dernier. 57 projets ont été soumis au comité de sélection constitué d’experts des trois domaines visés par le Plan Lecture. À l’issue de cet examen, 35 projets ont été sélectionnés pour un total de 35 000 euros.

Enfin, vous me demandiez quelles sont les collaborations que je compte mettre en place avec ma collègue, Mme Caroline Désir, dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’excellence afin de placer la lecture au centre des apprentissages dès les classes de maternelle. Ces collaborations seront bien entendu très étroites : nous avons envie de travailler ensemble, pas seulement sur cet aspect-là. La lecture permet bien plus que la transmission d’un message : elle éveille l’enfant à la complexité du monde, le fait voyager, penser et rêver ; elle interroge son inscription dans ce monde et contribue grandement à son développement affectif et intellectuel. Tant Mme Désir que moimême serons donc attentives à ce que le rôle central du livre et de la lecture dans les apprentissages ne soit pas oublié dans la constitution des référentiels. Nous continuerons et renforcerons les liens entre les services de l’enseignement et ceux des lettres et du livre ou encore ceux des bibliothèques publiques.

J’encourage les écoles et les bibliothèques à poursuivre ce travail qu’elles mènent ensemble. Le secteur culturel et le secteur de l’enseignement entretiennent des liens évidents. Au-delà de l’apprentissage de la lecture, donner envie de lire revient à donner des outils et un cadre à chaque enfant. Il faut accepter que l’enfant arrive à la lecture par un biais peut-être différent de celui d’un autre enfant. Les synergies entre les deux secteurs doivent être encouragées.

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