PW – Les débuts de l’application Coronalert.be

Depuis le début de la crise sanitaire, le suivi des contacts est un enjeu fondamental. Une application « Coronalert » a été mise en place pour y aider : quels sont les résultats ?

Question orale du 13/10/20 de Sabine Roberty à Christie Morreale, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes

Madame la Ministre, depuis le début de la crise, le suivi des contacts est un enjeu fondamental. Des questions ont d’ailleurs été posées à ce sujet ce matin.

Si, dans un premier temps, le choix s’est porté uniquement sur un suivi « manuel », dernièrement la mise en place d’une application est venue renforcer le dispositif. Après une phase de test, l’application est maintenant pleinement effective depuis deux semaines. Au lendemain du lancement, plus de 400 000 téléchargements étaient déjà constatés. La semaine passée, le nombre se portait à près de 800 000.

Nous le savons, cette nouvelle application peut constituer un outil important pour endiguer la propagation de l’épidémie, mais, pour cela, il faut qu’un certain nombre de personnes lui fassent confiance, la téléchargent et l’utilisent. Autour de nous, dans certains pays voisins qui ont mis en place ce système, nous constatons un manque d’adhésion à l’outil et donc une efficacité plutôt limitée.

Après près de deux semaines de fonctionnement de l’application, pouvez-vous revenir sur l’utilisation effective de l’application Coronalert ?

Combien de téléchargements ont été opérés ? Les personnes qui ont téléchargé l’application l’utilisentelles ? En plus, elle est facile d’utilisation. Les premiers résultats permettent-ils à l’application de constituer un outil efficace ? Des modifications ont-elles dû être apportées ?

La campagne de promotion de cette application estelle jugée suffisante pour faire connaître le dispositif ?

Enfin, l’application ne peut être téléchargée sur certains types de smartphones. Quelles action ou réponse pouvez-vous apporter à cela ?

Réponde de Christie Morreale, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes

Madame la Députée, j’ai pris les dernières informations afin de coller au mieux avec l’actualité.

Environ 1 million de téléchargements ont été effectués jusqu’ici, 12 octobre. Il y a environ 7 millions de téléphones en Belgique, dont 6,3 millions sont compatibles. Sur l’Apple Store, il y a en moyenne 15 000 à 20 000 téléchargements par jour. Ce sont des chiffres très encourageants.

Étant donné que l’application est anonyme, il n’est pas possible de savoir si les personnes qui ont téléchargé Coronalert l’utilisent effectivement ou pas. Selon l’accord de coopération 44 en vue de satisfaire le Règlement général de protection des données, il n’a pas été possible d’installer des outils classiques de monitoring. C’est le revers de la médaille : si l’on veut l’anonymat et le respect de la vie privée, on ne sait pas savoir où on la télécharge le plus, si c’est dans certaines régions plutôt que d’autres, et si les personnes l’utilisent effectivement. Tout cela est dans le respect strict de la vie privée et ce n’est donc absolument pas possible de pouvoir vérifier.

On peut observer les clés s’échanger sur les serveurs, ce qui veut dire que des utilisateurs sont prévenus par l’application et qu’ils en préviennent d’autres. De plus, de nombreuses personnes posent des questions sur les réseaux sociaux, ce qui veut dire que l’application suscite de l’intérêt.

Il est impossible d’identifier son utilisation et son efficacité sur une période si courte puisque cela ne fait que 10 jours que l’application est déployée. Dans le futur, on pourra apprécier son utilisation, notamment par le nombre de personnes qui ont utilisé le code généré par l’application au moment de se faire dépister.

Faisant suite au test de l’application, certaines améliorations ont pu être initiées. Par exemple, la simplification de l’écran. On a aussi travaillé sur l’amélioration des interactions avec les médecins pour essayer de simplifier le fameux code de dépistage lors de la prescription – c’est en cours, et l’on en a encore parlé ce matin en Conférence interministérielle Santé – ou bien le retrait d’écrans d’alerte qui peuvent être confondus avec des écrans relatifs aux bugs des opérateurs téléphoniques.

Sur la promotion de Coronalert, une large campagne de communication a été mise en place par les trois Régions et pilotée par la SMALS, qui comprend :

– le site internet coronalert.be ;

– l’activation sur les réseaux sociaux de supports dynamiques avec une promotion payante sur Facebook, Instagram, Twitter et YouTube ;

– la création de comptes Facebook, Instagram, Twitter et YouTube avec des tutos en ligne ;

– des référencements en ligne ;

– une campagne d’affichage sous forme de messages dans les écoles, les transports en commun, les pharmacies de grand public, les clubs sportifs – par exemple, pendant les matchs de football et le long des autoroutes, des écrans avec une information sur Coronalert – et dans le secteur de la culture également ;

– un flyer et un mailing d’information ont été envoyés aux médecins généralistes pour leur expliquer le fonctionnement de l’application et la marche à suivre, un contenu qui a été validé par les entités après avis de plusieurs médecins ;

– un courrier complémentaire va également être envoyé cette semaine dans les pharmacies et chez les médecins généralistes ;

Dans un second temps, pour spécifiquement toucher les jeunes, on a prévu de solliciter des influenceurs sur les réseaux sociaux.

GuiHome a déjà validé sa présence pour la Wallonie.

Et puis lors du match amical Belgique-Côte d’Ivoire, il y a eu la diffusion d’une publicité Coronalert.

Sur la diffusion et la déclinaison en Wallonie, un plan de diffusion d’affichage, les affiches ont été envoyées aux villes, aux communes, aux clubs, aux pharmacies, aux cabinets, aux hôpitaux, aux services d’aides, de soins, aux écoles, aux établissements, aux maisons de jeunes, aux maisons de handicaps, aux maisons de soins psychiatriques, et cetera.

Il y a un peu plus de 20 000 affiches qui ont été imprimées et des affiches envoyées à environ 15 000 structures.

Agoria et la FEB ont aussi relayé la campagne de communication en incitant leurs membres à télécharger l’application.

Il y a eu un spot télévisé qui a été élaboré en collaboration avec M. Maron sur base de la charte graphique de la campagne relative à l’application Coronalert. On a également sollicité les espaces concédés gratuits pour la diffusion de spots sur RTL, sur la RTBF, sur LN24 et sur les télévisions locales.

On a aussi décliné des microvidéos pour les réseaux sociaux sur la base de spots télé avec du sponsoring, marketing payant, YouTube, Facebook, LinkedIn, Snapchat à partir de la mi-octobre.

L’affichage et la promotion de l’application sur les panneaux autoroutiers, je l’ai dit.

On a travaillé sur la promotion de l’application avec un message sur Apple Store et sur Google Play pour encourager au téléchargement dans les moteurs de recherche, différentes pages web ou encore YouTube, mais aussi sur des pages sponsorisées pour autant que l’application ait bonne réputation.

YouTube avec une promotion a pris ce rôle via un logo de Coronalert. L’envoi de la première newsletter de l’AViQ aussi avec la promotion de Coronalert vers de multiples destinataires : les institutions d’hébergement, le secteur du handicap, santé mentale, personnes âgées. Mes collègues, par les services de communication du FCW, de la fédération via leurs canaux de communication et intranet, internet, mailing général et des réseaux sociaux.

L’objectif c’est de freiner la propagation du virus ou bien d’informer les gens qui ne se connaissent pas avec qui elles auraient pu être en contact. Comment cela fonctionne de leur côté pour celles et ceux qui ne le sauraient pas. À partir du moment où vous signalez que vous avez été contaminé rétroactivement, les personnes avec qui vous avez été en contact, avec qui votre téléphone a été en contact à moins d’un mètre cinquante, matcheront de manière rétroactive en disant qu’elles ont été en contact avec quelqu’un et c’est évidemment tout l’intérêt de ce dispositif même si évidemment, le téléphone a ses limites, il ne sait pas dire si le contact était protégé ou pas, mais en tout cas attire votre attention si vous pouviez, malgré la protection, être un contact à risque. Et donc l’idée c’est d’avertir rapidement la personne qui aurait été en contact étroit avec une autre personne qui est porteuse du virus, pour l’aider à se protéger, mais aussi à protéger les autres.

Sur le fait que certains smartphones ne peuvent pas installer Coronalert, c’est une problématique liée à la sécurité. En fait, il y a certains smartphones qui ont un processeur qui est trop faible et cela empêche l’utilisation de la fonction Bluetooth en arrière plan et donc cette fonction Bluetooth, celle qui permet de garantir un signal qui est anonyme, Apple a introduit la notification, exposition requise avec iOS 13.6.1.

Apple ne prend plus en charge certains iPhones qu’il considère comme obsolètes. Malheureusement on ne peut pas influencer sur cette situation. C’est une stratégie commerciale que l’on peut regretter, mais qui est ce qu’elle est. En l’absence de possibilité de mise à jour de ces dispositifs-là et d’avoir le système Bluetooth, du coup, l’anonymat ne peut pas être garanti et donc le dispositif ne peut pas être installé.

C’est la garantie d’anonymat, sinon rien. Les exigences minimales dans le système d’exploitation chez Apple c’est iOS. Coronalert fonctionne sur iPhone 6s ou supérieur. L’autre système d’exploitation doit être iOS 13.6.1 ou supérieur.

Sur Google Android, Coronalert fonctionne sur des téléphones équipés d’Android 6, Marshmallow ou Superior.

Les services Google Play installent automatiquement l’application de notification d’exposition.

Cependant un Comité interfédéral testing et tracing étudie des alternatives possibles pour permettre au plus grand nombre, y compris à ceux qui ne possèdent pas de smartphones de rentrer dans un système de notification pour essayer de renforcer l’efficacité de cet outil.

Je vais en terminer en remerciant chaleureusement celles et ceux qui nous ont aidés et qui travaillent d’arrache-pied, je pense notamment à M. Legay qui le fait de manière bénévole. C’est un spécialiste en cybercriminalité de l’UCL qui préside le groupe qui supervise l’application au niveau de la Belgique. C’est un Wallon et il s’implique corps et âme pour améliorer le dispositif avec d’autres spécialistes.

Je pense que l’on est, avec cette application, sur la bonne voie, même si, comme je le dis systématiquement, rien ne remplacera jamais le contact d’un être humain. Cela ne reste donc qu’un outil complémentaire.

Réplique de Sabine Roberty

Un million de téléchargements sur sept millions de téléphones actifs en Belgique, effectivement, vous l’avez dit, les chiffres sont particulièrement encourageants.

Mes questions n’étaient pas anodines, car plusieurs personnes expriment encore leur méfiance vis-à-vis de l’application, vis-à-vis du respect de la vie privée, et il est bon d’entendre vos apaisements.

La technologie a ses limites aussi, c’est un fait et c’est l’anonymat qui doit guider nos travaux. Ce n’est peut-être pas parfait, vous l’avez dit aussi, et je veux parler, par exemple, du code à 17 chiffres qui doit être donné à son médecin traitant pour s’identifier. Néanmoins, vous dites travailler à une simplification du système et c’est une excellente chose aussi.

J’entends aussi que le plan de communication global autour du lancement de cette application a été parfaitement et sérieusement étudié. Je ne doute donc pas du caractère exponentiel du téléchargement de cette application qui nous aidera tous à suivre nos contacts et à voir si l’on est dans le vert ou dans le rouge.

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